À la soirée de Prince, la vérité concernant quiconque sur terre est négociable. Tout se répand avec une lueur érotique. Les femmes sont plus sexy, les animaux prennent des poses bizarres - c'est fou. Regardez: Il y a Salma Hayek en robe noire, se penchant en avant sur un canapé, laissant aperçevoir un décolleté capable de déclencher une crise cardique. Il y a Marilyn Manson, accompagnant la reine burlesque Dita Von Teese, chapeautée d'un feutre. Il y a Paris Hilton faisant des mamours à Stavros Niarchos. Heath Ledger faisant des mamours à Michelle Williams. Cameron Diaz faisant des mamours à Justin Timberlake. C'est comme dans Eyes Wide Shut réel avec un casting de stars, tourné dans l'obscurité de cette boîte réservée aux VIP, le Teddy's, dans le Hollywood Roosevelt Hotel de LA. Et là, se déplaçant doucement derrière la proue d'un tas de guardes du corps sur le point de partir, se trouve une petite, blonde-platine, synthèse d'un style rétro-futuriste, glam-louche, spectacle Nouvel-Ancien-Hollywood: Christina Aguilera.

 
Ces derniers années, le look d'Aguilera a tellement changé qu'il est méconnaissable : du blond au noir corbeay au roux, de l'aguicheuse à la ****** à quoique vous soyez quand vous embrassez Madonna en sandwich avec Britney Spears. Mais peu importe la façon dont vous la décriviez, les mots "élégante" et "classique" pouvaient rester en paix. Pas ce soir. Bien qu'elle soit dans un style club-casual (confortable) dans un haut col-V blanc en cashmire, jean brut et hauts talons à imprimé léopard, la coiffure bouclée d'Aguilera, ses lèvres de poupée d'un rouge lumineux et son étincelante barrette rouge suggère une Jean Harlow style R&B. C'est Aguilera version 3.0 : un petit oiseau chanteur de l'ère Jazz de Broadway. Et à ce que ça en a l'air - voyons si j'ai bien compris - la demoiselle travaille ce look. "J'essaie vraiment de ressentir la musique que je fais à travers mes faits et gestes dans la vie" déclare la jeune femme de 25 ans. « Par exemple maintenant, même si je ne vais qu'au studio, je ne sors jamais sans rouge à lèvres rouge éclatant ».

Le nouvel album d'Aguilera, "Back to Basics", censé sortir dans 2 mois, mélange un ancien son soul avec un "beatsmanship" dernier cri pour montrer une vitrine retour aux origines/hip hop pour sa voix hors du commun. Tissant un thème cabaret-Weimar , c'est décidément un album concept. « En fin de compte, c'est vraiment cool de simplement suivre une vision d'ensemble, » dit-elle. « Je pense que ça entraîne un meilleur produit ». Et la vision est audacieuse, si elle n'est pas associée de différentes manières à la provocation des chaps laissant les fesses à l'air.

 

   

Pour promouvoir l'album, Aguilera a prévu une tournée des clubs de jazz, y compris le prestigieux Blue Note, un établissement à New York. En entendant ceci, certains pourraient imaginer le fantôme d'Ella Fitzgerald dispersant des serments fétides dans le vent, mais c'est également impressionnant. Imaginez pendant une seconde la rivale de toujours d'Aguilera, Britney Spears, tenter quelque chose comme ça - l'idée est folle, une plaisanterie. Mais avec la voix nucléaire d'Aguilera, qui devient indécente en public avec une originalité beaucoup plus crasse que le cliché Hefnerien tresses-et-pull-à-messages Spears, c'est presque crédible. Après tout Aguilera a offensé des susceptibilités beaucoup plus fortes que les snobberies du jazz dans sa carrière.  Peu importe le chahut qu'elle elle ait soulevé, il atteint certainement son respect ici au Teddy's, où un visage célèbre ou une empreinte de poignet ultra-violet est tout ce qui empêche l'éjection soudaine sur un poussiéreux Hollywood Boulevard. Un recoin de table de cocktail est discrètement vidé des patrons alors que nous marchons à travers la foule en feu, Aguilera s'asseyant près de son nouveau mari, Jordan Bratman. Elle a l'air heureuse et ce qu'elle dit sonne pareil. « Je suis à un point dans ma vie où je n'ai jamais été plus heureuse » m'avait-elle dit. « Je suis très calme. Je ne me sens pas nerveuse ni attristée par quoi que ce soit. »

Bien que les deux soient clairement des souverains de la pop, il y a une vraie vibration turbulente entre le jeune couple, en riant se poussant du coude et sirotant du Cristal (champagne), et Bratman a une grande part de responsabilité dedans. Gentil petit juif de New York, ce directeur de marketing en musique de 28 ans ne donne pas directement l'impression de pouvoir aborder une bombe sexuelle lambda. Il avance de façon réservée à travers la foule, un sourire serein sur son visage rond et barbu. Dans une pièce où beaucoup d'hommes dépensent un millier de dollars rien qu'en produits capillaires, il porte une casquette de base-ball rouge des Yankees et un pantalon camouflage. Mais il est clairement un aimant à câlins pour Aguilera, qui avant ceci avait toujours semblé si seule. Maintenant elle est dans une file de Conga (danse cubaine) composée de 2 personnes, suivant derrière Bratman, les mains sur ses épaules, remuant son derrière sur la musique ambiante tout en quittant leur recoin pour le balcon. Flanquée des carcasses de sécurité et tandis que les flûtes de champagne sont visibles de temps en temps, ils sont rejoints par quelques potes, parmi lesquels Justin un Timberlake et un autre gard qu'Aguilera définit comme "un vieux copain du Mickey Mouse Club. Peu après, L'intempérie Violette (= purple rain) s'empare de la scène (Prince).

 

  

Dans une veste orange miroitante et une guitare turquoise, Prince fait ses vocalises avec une soul sister afro et deux choristes absurdement sexy dans des jupes de gogo danceuses et dansant comme les Ikettes (choristes de Tina Turner à une époque). Aguilera a déjà rencontré The Artiste avant, et avec son mètre 58 elle peut même le regarder dans les yeux (" Il m'a l'air même plus petit que moi " dit-elle). Lorsqu'un mec blanc profondément intoxiqué est choisi dans la foule et forcé à...danser, en quelque sorte, Aguilera et Timberlake se marrent, se penchant par dessus la ballustrade. "Mec, ce mouvement est cool," dit Prince pendant que le gars redescent de la scène. "Je le vole."

Et alors que je regarde la minuscule chanteuse à mes côtés regardant le minuscule chanteur sur scène, je réalise quelque chose. Peut-être est-ce la déformation dûe à la proximité avec le monde des stars, peut-être est-ce l'effet trompeur sur les neurones du Cristal, mais pendant un moment la théorie semble tout-a-fait plausible. Un talent gigantesque dans un corps minuscule. Un génie pour le fougueux et le théâtral. Une énorme obsénité, ça fait partie de l'art.

Christina Aguilera est-elle la version féminine de Prince?

En fait, Prince est la version féminine de Prince. Si Aguilera est la version féminine de quelqu'un, c'est celle d'Eminem, cet autre dur, centrale électrique et blond comme les blés, avec des origines modestes, souffrant de la violence du parent du sexe opposé et victime des crocs du Triumph the Insult Comic Dog. (L'insulte de Triumph pour Eminem: " Ma mère était aussi une ****, mais j'écris pas des chansons à propos de ça ". L'insulte de Triumph pour Aguilera: "C'est comme regarder un film porno où les musiciens sont moins bons.") Mais plus important, ils ont tous les deux imposé dans un idiome (un style) musical traditionnellement noir, ce qui fait quasiment d'eux des jumeaux (pas étonnant qu'ils se soient affrontés).

 

  

Les capacités vocales d'Aguilera n'ont que quelques similitudes mineures avec les performances théâtrales régulièrement offertes dans American Idol et son prédécesseur Star Search (où elle est apparue lorsqu'elle était enfant). Elle a un contrôle, une force et une nuance bien meilleure que la plupart des faiseurs de bruit, et sa voix a longtemps été énorme et curieusement mûre. « Elle a une impressionnante tessiture, un don de Dieu " dit d'elle Ron Fair, actuel président de Geffen, qui a signé Aguilera en 1998 après une démonstration a cappella renversante dans son bureau quand il était à RCA. « Mais c'est également sa capacité à subdiviser des harmonies, ce qu'elle entend quand un accord est joué, ce qui se forme dans son esprit, ce que sont ses impulsions musicales et stylistiques -- tout ça vient d'un intellect vraiment fortement évolué. Quand vous pouvez aller de Herbie Hancock à Nelly à Andrea Bocelli à votre propre truc, vous savez que vous êtes quelque chose d'assez spéciale ».

Elle a interprété la chanson de Mariah Carey "Vision of Love" sur une chaîne télévisée locale réussissant parfaitement chaque riff, y compris le passage du sifflet pour chien altissimo, à seulement 10 ans. La légende veut également que Jessica Simpson ait été effrayée à une audition car elle passait après Christina. "Ouai, j'ai entendu parler de cette histoire " m'a dit Aguilera avant le show de Prince, plannifiant une nuit de Cristal avec une flûte de Veuve Clicquot. " Elle a dit ça plusieurs fois ". Vous ne croyez pas que ce soit vrai ?
"Non non, je sais que c'est vrai."

Aguilera était une petite, lumineuse présence à travers la cabine comparé à moi dans cet endroit Franco-Méditerranéen illuminé par des bougies à West Hollywood. Ses cheveux blonds-blanc soigneusement tirés en arrière, chaînes en or pendant le long de son pull col-V dans une direction suggestive. Après une rapide consultation sur son téléphone portable avec son mari --« Hé, bébé, quelle salade tu aimes ici ? » -- elle a commandé quelque chose de feuillu, ainsi que le mignon de filet. Ce fut rafraîchissant de voir une artiste de LA soucieuse de son corps, se donnant en représentation, boire de l'alcool et manger de la viande, mais ça paraît aussi logique dans son cas : de gros mammifères robustes doivent mourir pour nourrir cette voix.

Bien qu'elle soit encore si jeune, Aguilera a acquis une certaine lassitude du monde ayant survécu à la saga épique de Christina Aguilera jusqu'ici. Elle faisait partie de la promotion des "popstars ado des années 90", mais déjà ses talents vocaux la plaçaient bien à part de ses pairs. Star à 7 ans (chantant dans les fêtes de quartier et peu après l'hymne national pour l'équipe locale "Penguins and Pirates"), performeuse à la télé à 12 ans (avec Britney, JC, et Justin sur le "All New Mickey Mouse Club" ("le tout nouveau mickey mouse club")) et découverte phénomène à 18 ans (avec le hit numéro 1 "Genie in a Bottle"). Pas mal, lorsqu'on connaît les conditions pas vraiment idéales supportées en coulisses.

 

  


À l'école primaire, elle avait été harcelée et menacée assez fréquemment par les brutes de Pittsburgh agacées par sa célébrité que sa famille a dû déménager. Plus douloureux, son père, Fausto, qu'ils ont quitté quand Aguilera avait 7 ans, a battu sa mère. Même les premiers souvenirs d'Aguilera concernant la musique sont ombragés par la mélancolie du trauma. « C'était mon unique façon d'échapper aux sévices » a-t-elle dit. « Je courrais jusqu'à ma chambre et j'écoutais la bande son de The Sound of Music. J'ouvrais mes fenêtres et je chantais avec la musique, les collines sont vivantes… »

Naturellement, rien de ceci n'a été divulgé dans son lors de son 1er album très contrôlé, Christina Aguilera, avec ses hits fleurs bleues bubblegum "Genie in a Bottle" et "What a Girl Wants". Mais la vague de célébrité qui a suivi a apporté plus de problèmes. Un père abusif a conduit à un manager qu'elle a poursuivi, entre autres, pour fraude (l'affaire a été enterrée après qu'un accord ait été trouvé) - sans oublier des trahisons par le personnel parmi lequel un garde du corps de confiance, « comme un grand frère pour moi » qu'elle a accusé de lui voler de l'argent. Quand le succès lui a permis à 20 ans de s'emparer des rênes pour son album suivant, "Stripped", le single notoirement torride, « Dirrty » et un clip scandaleux réalisé par David LaChapelle ont projeté la chanteuse comme une sorte de Nouvelle **** du Quartier (New Skank on the Block, allusion à New Kids on the Block). L'album "Stripped" écrit en grande partie par Aguilera, et bien qu'il était vraiment énervé et triste, s'est perdu dans le battage médiatique qui s'ensuivit.

« Je n'étais pas le genre d'artiste à avoir besoin que ma maman me tienne la main et que mon papa gère ma carrière,» a-t-elle dit catégoriquement, une fois le dîner fini. « Il ne s'agissait que de moi. J'étais à New York à 15 ans toute seule, et par la suite, c'était un endroit où il était pénible d'être ». Le sens principal de l'album a été mal compris. « Stripped c'était vraiment moi en train de dire tout ce que j'avais en moi, dénudée du superflu, sans me soucier de quiconque autour de moi. » Elle a appelé ça une "accumulation". Après des années où l'on m'a dit comment m'habiller, quoi porter, ou tout du moins de ne pas être provocante - et je suis une personne très sexuelle, c'est dans ma nature de dépeindre cela dans mon art ; ça fait partie de ma façon de m'exprimer artistiquement. Et mon équipe de manager était si indifférente à cela, m'incitant à faire ces concours en ligne débiles pour "Beanie Baby" - la poussant à la démonstration pubère. « Cette image m'a été collée - et Dieu merci, je lui ai claqué la porte au nez - mais ça a été vraiment dur pour moi. J'en avais gros sur le coeur ».

Mais tout en enregistrant le très énervé "Stripped", exutoire de tensions, cela lui a pourtant également apporté plus de problèmes avec les hommes - sous la forme d'un producteur qui a laissé des blessures profondes d'une façon ou d'une (elle n'entrera pas dans les détails). « Il ne mérite pas d'être mentionné, » a-t-elle dit. « Ca fait partie du passé, et j'ai enterré tout ça. Je dirai juste qu'il est une personne ignoble et une excuse navrante pour un homme. » Un de plus dans la lignée d'hommes ignobles la laissant douté qu'il y avait un autre type d'hommes.

 

  


Quand Aguilera commençait le travail sur "Stripped", Ron Fair, qui deviendra son mentor, a eu la bonne idée de lui suggérer d'essayer de travailler avec une productrice (donc une femme). Il l'a mise en contact avec Linda Perry, ancienne chanteuse-compositeur du groupe alt-rock du début des années 90 de San Francisco: 4 Non Blondes. Elles ont immédiatement accroché, et quelques mois plus tard Perry s'est retrouvée à jouer à Aguilera une chanson sur laquelle elle était en train de travailler, le hit transformateur-de-carrière "Beautiful". L'audacieuse ballade de grand-fille a à Aguilera de marquer une étape significative, passant de la pop/porn star insipide qu'elle était à quelque chose d'un peu plus profond. Appelez ça la néo-soul.  " La 1ère fois qu'elle s'est assise au piano et a commencé à la chanter " se rappelle Aguilera, " j'ai dit 'je dois absolument chanter cette chanson ! J'ai complètement apparenté la chanson à ce moment de ma vie, je me sentais si vulnérable. Dans le pont quand ça dit, ' Peu importe ce que nous faisons, peu importe ce que nous disons / Nous sommes la chanson dans le refrain / Pleine de belles erreurs... Il faut une forte connexion avec soi-même pour dire de tels mots."

Il est 23h un jeudi au studio d'enregistrement de Perry au nord d'Hollywood. Encadrée par un Buddah en or et éclairée par des bougies, une Aguilera réservée paraissant studieuse s'assied sirotant un grand café, portant un tee shirt blanc avec de longues manches lui couvrant les poignets, les cheveux tirés en arrière à la façon d'une institutrice, écoutant attentivement le dernier mix de Perry. Piercée et tattouée de façon baroque, Perry s'assied derrière la table de mixage avec son chapeau jamaïcanisant. La productrice au teint olive avec les yeux kôhlés ressemble - si vous réussisez à imaginer ça - à une jolie Keith Richards. " Okay, ça me va " dit-elle. Des haut-parleurs fixés au mur, une fantaisie carnavalesque et fantasmagorique rappelant les années 20 tourbillonne, une voix féminine de racoleur prometteuse de tressaillements et de frissons lorsqu'on pense aux coûts élevés implicites dans l'industrie musicale. Bienvenue au plus grand spectacle… au plus grand spectacle sur terre. Puis, alors que l'orchestre s'engouffre à grand pas vers Abbey Road - évoquant l'évolution de l'accord, un puissant alto, de la taille d'un stade vient s'élever par-dessus. Le contraste entre cette voix et la petite chose à l'allure scolaire qui en est la source assise à côté de moi me donne froid dans le dos.

Quand ça s'arrête, Aguilera hoche la tête et jette un coup d'oeil à son bloc-notes. " C'est sympa " dit-elle. " J'adore la musique, mais je ne t'entend pas assez ". C'est Perry faisant la voix de racoleuse. " J'ai aussi perdu une part du son épique des choeurs ".

Tirée de l'énorme collection de disque vintage de Perry collection, l'album utilise un orchestre, une chorale, un quatuor à cordes, et des joueurs de trompettes de jazz, ainsi des techniques manipulées d'enregistrement comme un tambour beat-up énergique avec des arrangements dessus pour l'abrasif morceaux au son blues "I Got Trouble," aussi bien qu'un bit de méthode de chant, Aguilera a chanté "Trouble" et a bu du Maker's Mark pour interpréter la chanson au son cru "Save Me From Myself." Les références sont Billie Holiday, Ella Fitzgerald, Etta James, Judy Garland - " ce que j'appelais ma 'musique pour m'éclater' quand j'avais 8 ans " dit Aguilera. "Je pense qu'elle est une petite chanteuse géniale," dit d'elle Etta James, devenue une amie, qui distingue la tristesse de Billie Holiday dans la voix d'Aguilera. " Pour une jeune fille comme ça, chanter des vraies chansons ? Je veux dire, elle a filé dans le marché pop mais elle peut tout faire. Elle est comme quelqu'un né à une autre époque. Une âme ancienne ".

 

  

Du yin Rock graveleux au yang R&B d'Aguilera, Linda Perry devait développer une confiance importante entre elle et Aguilera pour l'entraîner à explorer le côté le moins gagnante-de-Star Search d'elle-même. « Je n'aurais jamais été capable de m'ouvrir autant à quelqu'un d'autre » dit Aguilera. « Comme cette chanson "Save Me From Myself" [Elle a été enregistrée] très rapprochée du microphone, sans préparation, sans rien, et ça ne me ressemble pas du tout. Aucuns effet, aucun écho - et je suis la reine de l'écho. Chaque éraflure, chaque petite imperfection est là. Je pense que nous nous poussons mutuellement à explorer des choses que nous n'aurions pas exploré normalement.  » Aguilera dédie cette chanson émotionnellement nue à Bratman, dont le rôle dans sa vie semble être exactement ce que le titre laisse entendre. Ils se sont rencontrés pendant le débâcle avec son producteur d'Atlanta, sont immédiatement devenus des amis proches, et puis, quand Bratman a déménagé à L.A., ils sont devenus inséparables.

" Avant Jordy je ne pense pas que j'avais jamais pu apprécier ce qu'était un vrai mec " dit-elle. " La plupart des hommes que j'ai connu dans ma vie - ayant grandi avec un père violent, cherchant à trouver une figure paternelle chez des mecs défectueux - avaient tendance à être et n'étaient généralement que des chiens. Je pensais que les hommes se résumaient à ça. Il est le 1er à m'avoir traitée comme j'ai l'impression qu'une femme devrait être traitée ". Et ça a du être avant Bratman : c'est une personne très forte, un homme fort, qui me soutiendra à travers tous les moments difficiles dans ma vie, qui est toujours là pour me sauver. Il peut me sortir de ma propre coquille, de ma propre dépression. C'est mon ange. Il me sauve de tant de façons différentes.

Il faut croire que le fait que Bratman ait volontairement soumis sa chair jusqu'ici indésacralisée à l'aiguille d'un tatouage est un vrai testament à son amour (Aguilera, naturellement, est copieusement tatouée et piercée.) Comme cadeau de mariage, Monsieur Cartoon, artiste dessinateur hip hop de graffitis a offert au couple le dessin d'un ensemble de tatouages pour lui et pour elle. Sur son dos à elle : I AM MY BELOVED AND MY BELOVED IS MINE (JE SUIS MON BIEN AIMÉ ET MON BIEN AIMÉ M'APPARTIENT). Sur son bras à lui : I LOVE C.A FOREVER (J'AIME CHRISTINA AGUILERA À TOUT JAMAIS), mais en caractères hébreux. Pendant le mariage, composé de roses blanches, de lustres en cristal, d'une pièce montée de cinq rangées, et un hymne de la bande son qui a sauvé son âme The Sound of Music, Aguilera a été encouragée à chanter le classique d'Etta James « At Last ». Et quand le type maladroit de Riverdale, croyant à peine sa bonne chance, a couru sur scène, soulevant le paquet habillé de satin, et avec un immense sourire a hurlé " Voici ma putain d'épouse ! "

Etta James se rappelle avoir rencontré Bratman à une soirée, "Je suis allée à sa rencontre et je lui ai dit : tu vas prendre soin d'elle ?. Et il a dit " Oh, je le ferai, je le ferai, je le ferai". Et j'ai dit : et bien assure-toi que tu prends bien soin d'une femme comme ça. C'est une petite poupée "baby", tu vois ce que je veux ? "

 

  

Après 4 mois de mariage et 18 ans dans le monde des stars, Aguilera semble préparée pour un chemin nouveau et légèrement différent - essayant même d'être sereine vis-à-vis de ses collègues divas. " Je trouve que Kelly Clarkson a une voix vraiment puissante ". dit-elle. " Elle est vraiment douée. Et quand je l'ai rencontré, elle était vraiment adorable. Il y a certaines filles comme ça, même Lindsay Lohan par exemple, quand je les rencontre elles me font un tas de compliments, me disent qu'elles ont grandi en écoutant ma musique et tout ça. Et j'oublies, enfin je me sens toujours jeune, mais ces filles sont encore plus jeunes. Mais je n'ai jamais envie d'être à ma place donc.. je ne sais pas, à trop me considérer comme une diva vis-à-vis des gens qui m'admirent en les méprisant ". Comme le mépris à l'égard d'Aguilera de, disons Mariah Carey. " Elle n'a jamais été sympa envers moi " dit-elle, " à tel point qu'une fois nous étions à une soirée et je pense qu'elle était vraiment bourrée, et elle est venue me balancer des choses vraiment désobligeantes à la figure... " elle s'arrête. " mais c'était à l'époque où elle était en dépression, elle devait prendre de nombreux médicaments ".

Une question se pose alors, est-ce que la bonté envers les gens du showbiz ainsi qu'un intime nouveau mariage signifie l'adoucissement de Christina Aguilera. Pas à en croire la chanson pour clubs "Still Dirrty" dans laquelle elle affirme à ses fans qu'elle a " Toujours cette indécence en moi / Toujours une ampleur dirrty... / Toujours cette extravagance en moi " ("Still got that nasty in me / Still got that dirrty degree... / Still got that freak in me )" Puis il y a la chanson "Nasty Naughty Boy," "vilain méchant garçon" qui comprend une poésie exceptionnelle : maintenant fais-moi goûter / met ton glaçage sur mon gâteau (Now you better give me a taste / Put your icing on my cake.) Je lui demande comment sa mère prend le fait que sa fille chante quelque chose d'aussi osé. " Ma mère a été d'un tel soutien, vraiment " dit Aguilera, avant de quitter le restaurant devant un aveuglant groupe de paparazzis enflammés et grimpant dans sa Rolls-Royce blanche. « Et vous savez quoi ? » ajoute-elle, arquant soudainement ses sourcils bien faits. « Je n'y comprend rien. » Elle rit, « Disons simplement ça. »

 

Traduction réalisée par Lola