D’abord critiquée pour ses mauvais goûts en matière vestimentaire, Christina Aguilera est actuellement courtisée par le monde de la mode. Dans cette interview mondiale exclusive, la pop star de 25 ans parle à Kerry Potter de sa nouvelle image, de Britney et de sa vie maritale...

 

Quoi que vous fassiez, n’appelez pas Christina Aguilera une diva – ça l’énerve. Mais pas pour les raisons auxquelles vous pourriez penser. « Ca me fatigue – n’importe qui est appelé diva aujourd’hui » elle sourit, les yeux bleus qui brillent avec espièglerie. « Il n’y a rien de mal à contrôler ce que tu veux,» dit-elle, avec une voix de petite fille. « Si tu sais ce que tu veux et que tu es une femme, ils te prennent pour une garce. Lorsqu’un mec le fait ça passe pour de l’assurance. Je travaille très dur pour ce que j’ai, pour être capable d’avoir ce que je veux autour de moi et demander certaines choses. Je pense que c’est bien mérité. »

Nous sommes dans un studio d’enregistrement à Hollywood où Christina a passé l’année à créer « Back To Basics », son troisième album, le successeur de « Stripped », sorti en 2002 et écoulé à 10 millions d’exemplaires. Il est 8 heures du matin, petit déjeuner brutal pour cet oiseau de nuit. Dieu merci, les « certaines demandes » de Mademoiselle Aguilera se sont faites entendre la nuit dernière : avant son arrivée (étonnamment ponctuelle) deux assistantes arrangeaient les coussins du sofa et se demandaient si l’eau minérale dans le réfrigérateur était à bonne température. Une fois Christina installée sur son beau sofa, l’air réservé, elle me parle de sa ‘creative cave’. Elle demande des bougies parfumées, une guirlande lumineuse, un bol de bonbons et, le plus important une boîte de stylos Pilot Precise V5 pour écrire des chansons. « Je dois avoir ces stylos, ce sont mes préférés, » dit-elle de manière ferme.

 

L’apparence de Christina Aguilera est aussi impeccable que son espace de travail : un jean mi-long, des chaussures en cuir Marc Jacobs, un cardigan rose Stella McCartney et les cheveux peroxydés en chignon. Les multiples piercings du passé ont disparus et le superflu est au minimum : elle porte seulement sa bague de fiançailles et son alliance, qui s’emboîtent en une seule pièce. Les deux bagues ont été dessiné par son ami, le bijoutier londonien Stephen Webster et, bien que belles, ne sont pas aussi flashy que l’on pourrait le croire sachant que Christina est l’une des plus grandes pop stars mondiales. Pour quelqu’un dont on se moque fréquemment pour ses choix bizarres en matière de mode (qui peut oublier ses chaps en cuir ?), ce soir elle a l’air remarquablement grandi. Aussi, son attitude est plus mature que l’on pourrait le croire : oubliée la gamine et fille sauvage et controversée ; elle est polie, ne jure jamais et s’excuse pour tout. Elle est menue (1m56) et svelte mais pas maigre. Et elle n’a rien d’une beauté classique, elle est incroyablement attirante.

 

Sous la surface orangée se cache nettement la lueur rosée de quelqu’un de vraiment, follement, profondément amoureux. Christina revient tout juste de sa lune de miel à Bali et au Japon après son mariage avec son petit ami de 4 ans, Jordan Bratman âgé de 28 ans. La plupart des personnes célèbres ne veulent pas parler de leur vie amoureuse, mais elle, ne peut s’empêcher de parler de ‘Jordy’. « Quand je regarde dans le miroir et que je vois ce grand sourire, c’est tellement pas moi. Avant, je ne m’étais jamais sentie en sécurité dans aucune de mes relations avec un homme. Je pensais que l’amour était un peu nul. Ensuite Jordy est apparu, c’est mon épine dorsale. Il est mon rock, c’est un vrai homme. » Elle a rencontré l’homme dont les initiales sont tatouées sur son avant bras à Atlanta pendant qu’ils étaient en voyage d’affaires, et « elle ne pouvait plus se passer de lui dès cet instant ». Jordan était seulement son troisième vrai petit ami : elle est sorti avec le danseur Jorge Santos, la relation a échoué car il était « extrêmement intimidé » par le fait d’avoir une petite amie célèbre, avant de tomber amoureuse d’un homme qu’elle appelle seulement « trou du *** », qui l’aurait trompée. Heureusement, Jordan paraît presque trop bon pour être vrai – Christina relate un nombre infini d’histoires à propos des efforts qu’il fait, le plat de résistance étant sa demande au mariage, avec une pièce pleine de ballons roses à l’hélium, une chasse au trésor, des poèmes d’amour et cette bague de fiançailles par Stephen Webster. Tu es quand même jeune pour le mariage, dis-je. « Tu le sais quand c’est le bon. Et j’ai vécu beaucoup de choses pour une jeune femme de 25 ans. J’ai grandi beaucoup plus vite que les autres. »

 

 

 

 

Webster était très content d’apprendre la nouvelle. « Jordan est parfait pour elle : terre à terre, aimant, responsable. Il n’est pas ennuyeux mais ce n’est pas une rock star. Avant, elle ne se déplaçait jamais sans garde du corps, alors que maintenant « si nous sortons dans un bar tranquille à LA, Jordan conduit. » Ron Fair, President de A&M Records, qui l’a signé quand elle avait 16 ans, poursuit : « La chose la plus intelligente qu’elle ait jamais faite c’est d’épouser Jordan. C’est un gars mature et du genre « Rock-of-Gibraltar ». »
« Je savais qu’en définitive je voulais un mari, des enfants, une propriété et un grand jardin. Mais je n’ai jamais été obsédée par l’idée de me marier. Chanter était mon but ultime et depuis un âge précoce je me suis toujours orientée vers une carrière. » Christina est devenue Mme Bratman, habillée par Christian Lacroix, durant une cérémonie dans un vinyard de Nappa Valley avec seulement 100 invités (proches), mais vu par les lecteurs de OK ! Magazine. Pourquoi quelqu’un qui n’a pas besoin de publicité ni d’argent vend son mariage à OK !? D’abord, dit-elle, c’était un moyen de contrôler la manière dont les média allaient l’utiliser, et ensuite « parce qu’il y a beaucoup de malentendus à propos des célébrités : tellement de gens se fiancent puis renoncent, et tu ne connais même pas la vérité. C’était pour mes fans, et les gens qui se posaient des questions sur notre amour. » Avoir le control constitue l’un des sujets favoris de Christina. C’est évident dans la façon dont elle m’aborde – elle ne sera pas interrompue en répondant à une question et m’a fait attendre 10 longs jours avant de finalement me rappeler pour cette interview.

 

Tout ceux qui écouteront la chanson « I’m ok » de Christina connaîtront les violences physiques dont Christina et mère Shelly, d’origine irlandaise souffraient à cause du père de Christina, Fausto, un sergent de l’armée d’origine équatorienne. Christina avait 8 ans lorsque sa mère le quitta. Depuis Fausto n’a jamais refait parti de sa vie. Va-t-elle un jour se réconcilier avec lui ? « S’il veut faire un gros effort, ça ne me gênerais pas de déjeuner avec lui par exemple. Je peux lui accorder le pardon, mais ce n’est pas facile pour moi d’oublier. »

 

Elévée à Pittsburgh, Christina se consacra à la chanson, se bâtissant une renommée locale en se produisant lors de match de baseball ou des émission TV comme ‘Star Search’, l’équivalent de ‘X Factor’ aujourd’hui. Son succès a fait d’elle la cible de gens malintentionnés : à chaque fois qu’elle apparaissait dans le journal local, ils menaçaient de la violenter ou de crever les pneus de la voiture de sa mère. Les choses allaient tellement loin qu’elle changea d’établissement scolaire. A 12 ans, elle trouve une échappatoire en auditionnant brillamment pour le ‘Mickey Mouse Club’ de Disney situé en Floride dans lequel est partageait l’affiche avec Britney Spears et Justin Timberlake. A 16 ans, elle obtient un contrat dans une grande maison de disques ; à 19 ans, elle sort son premier album, ‘Christina Aguilera’, et le single ‘Genie in the bottle’, numéro un des ventes. Bien sûr, sa vieille amie Britney est arrivée au même moment, ce qui a déclenché une guerre classique dans le monde de la pop, et qui est toujours d’actualité, à en croire les tabloïds. Mais ce n’ai pas vrai, insiste Christina. « Britney et moi ça nous fait marrer tout ça. » Quelques années auparavant, lorsque le conflit avait atteint son apogée, Christina a écrit une lettre à Britney. Qui disait : « Il faut qu’on discute toutes les deux. Les gens nous vont toujours nous monter l’une contre l’autre mais on doit rester fortes et se rappeler le passé. » Récemment, un magazine américain a indiqué que Christina avait dit que Britney « se laissait aller » depuis qu’elle était enceinte. « C’est lassant, soupire Christina, ce sont des mensonges. Mais je dois voir le côté positif, non le côté négatif. Je prépare mon album, elle est maman – nous avons toutes deux une place fantastique. Nous sommes vraiment heureuses l’une pour l’autre. » Même si elle ne sont plus meilleures amies (aucune n’a assisté au mariage de l’autre), elles restent en contact. Christina a offert une corbeille de petits cadeaux à Britney après qu’elle ait donné naissance à Sean Preston, alors que Britney a offert un cadeau de mariage à Christina composé de flûtes à champagne et d’un vase en cristal. Une des règles pour devenir une pop star c’est que tu dois de forger une carapace solide. Christina le sait bien : prenez par exemple le fait qu’elle ne te regarde jamais les gens dans les yeux. Ce n’est pas l’impolitesse, mais plus la manie de quelqu’un qui a l’habitude d’être observée par des étrangers. Elle a toujours attiré la critique : pour ce qu’elle dit (controversé !), son comportement (pas un modèle à suivre!), ce qu’elle porte (trop osé!). En 2002, avec la sortie de ‘Dirrty’, la critique a atteint son paroxysme…"

 

...Pour ceux qui ne se rappèlent pas de la vidéo controversée réalisée par David LaChapelle, ‘Dirrty’ parlait, et bien, d’ébats sexuels. La sainte nitouche s’est transformée et l’Amérique fut outragée. Christina ne se démonte pas. « Dès que j’ai eu assez de tubes à mon actif je me suis dit, ‘Ok maintenant je le fait à ma sauce’. Etre sexuelle est une grande partie de mon art et de qui je suis en tant que femme. Quand je suis sexuelle dans mes vidéos ou mes chansons, c’est que je suis honnête. Je soutiens toutes les femmes qui sont fières de leur corps. » Est-ce que ça l’a surprise que les gens se mettre dans tous leurs états en voyant la paire de chaps en cuir ? « J’étais décontenancée. L’une des mes citations favorites est : ‘Les filles bien élevées ne font jamais l’histoire’. Prenez Madonna : c’est du genre – hello ! – aujourd’hui elle est encensée. Mais par le passé, on lui a donné tous les noms d’oiseaux et était harcelée. Je n’en démordrai pas, je continuerai à repousser les limites peu importe ce que disent les gens, » dit-elle avec un sourire espiègle. « De toutes façons ça me fait vendre des disques !» Jordan, pendant ce temps-là, n’a aucun problème avec l’image sexy de Christina. Ils se sont mis ensemble quand elle faisait ‘Dirrty’ et il était « derrière moi, soutenait toute tenue provocante, toute initiative. » Lui a-t-il déjà interdit de sortir habiller comme ça ? « Jamais ». Parfois il disait même « pourquoi tu te couvres ? Tu es sexy – montre-le ! »

 

 

 

 

Avec les célèbres chaps maintenant au placard (« Je les ressortirai à 60 ans en espérant que je serai encore capable de les enfiler ! »), ainsi que son surnom à l’époque de ‘Dirrty’ Xtina (« En ce moment je suis définitivement Christina »), elle passe à son troisième album. Alors que le précédent disque était imprégné de douleur – mauvaises relations, son père, être trahie par ses employés – ‘Back To Basics’ promet d’être un peu plus joyeux. Elle s’est associée à la productrice de ‘Stripped’ Linda Perry, au DJ new-yorkais Mark Ronson et à P.Diddy pour un disque inspiré de Billy Holliday et Nina Simone. Par conséquent, elle prépare une image de reine glamour rétro – les ongles rouges et le rouge à lèvres ne sont que le commencement. Pour une personne si concernée par son image, l’amour que Christina porte à la mode continu de grandir. Et la mode semble également tomber pour elle (pas mal pour une fille qui, il y a un temps, comptait parmi les personnalités les moins bien habillées). Le tournant décisif fut la campagne printemps/été 2003 de Versace. En photos, à ce moment-là, on pouvait prendre Donatella et Christina pour mère et fille. « Elle a apporté une énergie fantastique au projet », rappelle Donatella. « Elle était totalement ouverte à la création d’un nouveau look. » Christina était présente aux défilés de haute couture parisiens en juillet dernier à la recherche d’une robe de mariée, et des spectateurs ont parlé de mauvais comportement (gardes du corps arrivistes, retard, no-shows). Christian Lacroix ne s’est pas plaint de la sorte. « Elle m’attendait dans les coulisses et m’a dit ‘Je cherche une robe de mariée.’ Elle demanda quelque chose d’espagnol, d’opulent et de glamour et c’était un plaisir de lui faire des croquis. »

 

Qu’est-ce qui s’annonce pour Madame Bratman ?
Cette année promet d’être chargée : une tournée mondiale, un possible passage au cinéma (« Je veux quelque chose d’un peu réaliste, comme Angélina Jolie dans ‘Girl, Interrupted’), elle est la nouvelle égérie de Pepsi, et elle est impatiente de vivre sa vie de femme mariée. C’est peu probable de la voir se déchirer à LA comme Nicole ou Paris. « Je n’ai pas le même emploi du temps que ces jeunes filles, je me suis terrée un an dans mon studio. Je ne nomme personne mais il est plus question de faire la fête que de faire quelque chose de créatif avec certaines de ces filles. » Et plus encore ? D’après Linda Perry, « Elle est comme Aretha Franklin – à 60 ans, elle aura encore cette énorme voix. »

J’aime Christina Aguilera plus que je ne l’aurais penser. Elle est exigeante et impétueuse, mais ne fait pas semblant d’être autrement. Alors qu’elle boit son eau parfaitement réfrigérée, nous parlons de bébés. Elle explique qu’elle se tient à un emploi du temps, et qu’elle commencera à essayer dans 18 mois, une fois sa tournée terminée. « J’ai toujours su que je voulais être une jeune mère. Quand je sais ce que je veux, je fonce. »
‘Back To Basics’ de Christina Aguilera sortira en Mai.

 

 

 


Christina parle de Karl.
Q : As-tu déjà rencontré Karl Lagerfeld avant la séance photo ?
R : Non – J’ai assisté a tellement de défilés de mode et j’ai des relations avec John Galliano, Christian Lacroix et Donatella Versace ; même si j’ai toujours eu un grand respect pour Lagerfeld en tant que novateur de mode.

Q : Comment s’est passée la journée ?
R : J’étais contente de le voir, je pense que c’est un artiste. Il avait sa vision quand je lui ai parlé des reines glamour classiques qui ont inspiré mon nouveau disque. Il a penché pour un look à la Jean Harlow.

Q : As-tu aimé la robe Chanel que tu portes sur la couverture de ELLE ?
R : Oui. Je me suis assurée que j’avais mon mot à dire sur ce que je portais, comme à chaque séance photos, mais j’ai effectivement aimé cette robe.

Q : Le meilleur moment de la séance photos ?
R : C’était cool de voir comment Karl allait diriger et interpréter chaque prise. Oh et mes cheveux – J’ai adoré le coiffeur, il a fait un excellent travail !

Christina parle de son corps.
01. Elle a 5 sessions d’entraînement personnel de 90 minutes par semaine, principalement des exercices sur la strength-building. « Je peux faire des push-ups et des pull-ups comme un mec désormais. »

02. Elle adore les régimes Cheat Day : prendre plein de protéines la semaine, puis manger ce que tu veux pendant un jour du weekend. Son plat préféré ? « Un cheeseburger. Je suis une grande mangeuse de viande. »

03. Elle n’est pas concernée par la chirurgie esthétique. « Je suis le genre de fille qui regarde une cicatrice ou un grain de beauté ou une ride et se dit que ça te rend unique. Et je pense que les femmes s’améliorent avec l’âge. »

04. Quand elle sort sans maquillage, elle porte une casquette de baseball pour cacher son visage au cas où un paparazzi apparaîtrait. « Leurs flashs sont rudes – tu as l’air totalement lessivé ! »

 

Traduction réalisée par Stinky